Top 5 : L’Art Roman et ses mystères…

Une immersion inédite dans l’univers médiéval !

A Saintes et en Saintonge, vivez la fabuleuse romance des temps romans et remontez le temps des bâtisseurs.

Eglise Ecoyeux - Art roman
Exemple de l’église Saint-Vivien d’Ecoyeux © C.Trébuchet

Saintes et ses environs est une terre propice à la découverte de l’art roman. Nombre de villages sont dotés d’au moins un édifice religieux remarquable. De commune en commune, c’est un grand livre de symboles, d’images dogmatiques ou de messages cachés derrière les traits d’étranges créatures qui ouvrent généreusement ses pages aux visiteurs. Depuis l’art roman primitif du 11ème siècle, jusqu’aux décors chargés à profusion de la fin du 12ème siècle, chaque édifice est une immersion dans l’univers médiéval.

Toutes les églises à la pierre calcaire, facile à travailler, font honneur à la créativité des maçons et des sculpteurs d’antan.

C’est en parcourant l’ensemble des villages que vous vivez l’expérience romane sous toutes ses formes. Voici notre top 5 des lieux à ne pas manquer.

1. L’église Saint- Sylvain de Saint-Sauvant : quand l’église fait son numéro de style

• Le village

Avec son éperon aux allures féodales et ses ruelles escarpées aux noms mythiques de « paradis, d’enfer et de raison », Saint-Sauvant, appelé le « Rocamadour de la Saintonge » est une poésie paysagère au cœur de la Vallée du Coran, à 11 km de Saintes. La Vallée du Coran, déviation linguistique de “courant” pour le ruisseau, que l’on retrouve sur le chemin menant vers l’Abbaye de Fontdouce.
A l’image d’une cité médiévale fortifiée, il faut découvrir la tour de garde (14e et 15 e siècles), le cheminement en lacis des ruelles, les maisons anciennes. Saint-Sauvant est aussi labellisé « Village de pierres et d’eau», l’un des 14 villages de charme emblématiques de la Charente-Maritime. Entre fontaines, lavoirs, jardins potagers, l’eau affleure partout au pied du village.

Eglise romane Saint Sauvant
Village de Saint-Sauvant © S. Laval

• L’église

Au sommet d’un promontoire, l’église méritera quelques efforts mais le chemin pour y accéder est des plus plaisants ! Erigée principalement au 12e, elle se compose d’une nef unique à trois travées ornée de chapiteaux sculptés de motifs végétaux et de feuilles d’acanthes. La façade d’une grande sobriété est encadrée de deux contreforts massifs. Le carré du clocher est coiffé d’une coupole sur pendentif. Le chevet, particulièrement ouvragé, est orné d’une série d’arcatures surmontées de pointes de diamants, ainsi que de nombreux modillons (représentations animalières, bestiaire fantastique ou masques humains).

Autour de l’église, des sarcophages mérovingiens témoignent de la présence d’une communauté chrétienne importante au 5e siècle.

Ouverte tous les jours, si fermée clé à la mairie.

2. Saint- Vivien d’Ecoyeux : une église fortifiée et identitaire

Vous ne serez pas déçus par cette église à la fière allure de château…
Et pour cause, sa façade est flanquée de deux échauguettes en poivrières reliées par un chemin de ronde crénelé, vestiges d’une fortification remontant sans doute au 15e siècle, à l’époque des guerres de Cent ans.
L’église jouxte un logis noble, occupé par la mairie. Son chevet et sa façade occidentale donnent tout son intérêt à cet édifice du 12e siècle. Son chevet, découpé en sept travées par des colonnes-contreforts, est précédé d’une abside en cul de four.

ECOYEUX OPUS SPICATUM
© C.Trébuchet

Le portail à voussures sculptées de palmettes et de fleurs, est entouré de baies aveugles. Ces dernières sont appareillées en épi, ce qui témoigne au 12e siècle comme ailleurs en Saintonge, d’un renouveau d’une tradition antique.

Une corniche à modillons les surplombe où défilent masques, têtes de chat, de lion, de bœuf et d’aigle ainsi que la fameuse cagouille, l’escargot emblème des Charentais !

ECOYEUX FACADE ECHAUGUETTES
La singulière façade de l’église Saint-Vivien d’Ecoyeux ©C.Trébuchet

3. L’Eglise Saint-Nazaire de Corme Royal : Messages et imaginaire des tailleurs de pierre

  • Le village et ses alentours

Vous avez dit « Royal » ? A la Révolution, Corme-Royal s’appelait « Corme-la-Forest ». Son nom est certainement en lien avec l’ancienne forêt riche de cormiers.  Cet arbre est un sorbier d’un bois rosâtre recherché par les ébénistes. Au Moyen Âge, le village change de nom pour Corme-Royal, devenant dépendance de l’Abbaye Royale de Saintes.
Sa position sur « la route du sel » lui vaudra les assauts de la guerre de Cent Ans, des guerres de Religion et de la Fronde au 17e siècle.
Aujourd’hui, village dynamique, il est idéalement situé sur la route touristique entre Saintes et l’Ile d’Oléron. Non loin, peut-on aussi découvrir le château privé restauré et les fameuses halles de Pisany.

  • L’église

Il y a comme un air de triomphe dans la façade du 12e siècle ! En effet, la structure tripartite sur deux niveaux n’est pas sans rappeler un arc romain. Elle nous entraîne dans les mystères de l’iconographie dogmatique et l’imaginaire des tailleurs de pierre de cette époque. Elle reprend la structure habituelle des façades régionales réparties sur le chiffre 3 avec le portail central et deux baies aveugles.
La profusion et la diversité de la décoration, l’élégance des modelés, font du premier registre une œuvre artistique et architecturale de premier plan. Malgré les outrages du temps, la figure du Christ se dessine encore sur l’une des voussures du portail.
Une fine corniche, délicatement travaillée, sépare le rez-de-chaussée du second registre, dont la baie centrale donne à voir la parabole des Vierges Sages et des Vierges Folles. Colonnes et colonnettes, chapiteaux et bases sont richement décorés de motifs très différents et finement exécutés.
Au-dessus, une corniche ornée de rinceaux et de feuillages s’appuie sur des modillons très ouvragés.
De multiples remaniements du 12e au 17e siècle se lisent dans l’architecture de l’édifice jusque dans le clocher, jamais terminé et qui reçut une toiture en carène de bateau renversée.

Ouverte tous les jours.

4. L’église Saint- Pierre de Chaniers :  des fresques d’exception et un mobilier insolite

  •  Le village

Chapniers, Chaniers depuis 1708, est situé sur la rive droite de la Charente. Au pied du fleuve, avec le dernier bac à chaîne de France en activité, Chaniers est une promenade bucolique offrant la découverte de ses venelles, ses maisons de maîtres et du site du Moulin de la Baine.  Un texte de 1310   atteste déjà l’état de moulins à draps à la Baine appartenant au Chapitre de la Cathédrale de Saintes. Sous le règne de Louis XIV, Chaniers connut une époque faste liée au développement de la navigation fluviale. Cinq moulins à blé sont rebâtis au début du 17e siècle puis Colbert, secrétaire d’Etat de La Marine et de La Maison du Roi, fait accroitre la productivité. Le moulin devient le plus puissant de la région.  Sur le site peut-on aussi visiter la maison éclusière abritant un musée de la Pêche aux engins et filets.  Chaniers a obtenu de nombreux prix dont le « Prix Urbacharme » en 1987, le label « Paysages de reconquête » en 1993 et fait partie du réseau des Villages de pierres et d’eau.

  • L’église

 « Nulle part en France, l’art Roman n’a connu plus de séduction » écrivait l’historien, Émile Mâle.  L’église repose sur les vestiges d’une villa gallo-romaine. Construite aux 11ème et 12ème siècles, elle propose une architecture très saintongeaise tout en possédant des caractéristiques singulières, comme ses fortifications, sa chapelle renaissance ou ses fresques du 15ème siècle. Depuis l’extérieur, l’église prend une allure massive avec ses contreforts et l’aménagement d’un chemin de ronde orné de créneaux et de meurtrières. Son clocher a la forme carrée de style saintongeais. La façade occidentale est simple avec un portail central à arcs entouré de contreforts du 15ème siècle. A l’intérieur, le sanctuaire couvert par une voûte en berceau se compose d’une abside et deux absidioles de forme tréflée. Il n’y a pas de croisée de transept et le carré sous le clocher relie le sanctuaire et la nef avec un arc outrepassé dit « mauresque ». La nef est un à vaisseau unique avec un soubassement mouluré dit « banc des pauvres ». L’église de Chaniers est classée aux Monuments Historiques depuis 1912.

La Piéta de JC Sanson – détail du visage du Christ © C.Trébuchet

C’est dans la chapelle renaissance que se situe la statue de la Piéta. Cette œuvre de plâtre est signée du sculpteur Justin-Chrysostome SANSON, nommé prix de Rome en 1861. La présence de cette œuvre est une énigme tandis que le modèle de bronze demeure en l’église de Nemours, pays natal de l’artiste.  Médaillée au salon de 1869 et à l’Exposition Universelle de Paris de 1878, la Pietà est l’œuvre magistrale du sculpteur. Elle a bénéficié d’une restauration en aout 2017 en collaboration avec la Fondation du Patrimoine, le soutien de concerts et de conférences.

 

 

 

 

Détail de la fresque de l’absidiole nord – Baptême du Christ © C.Trébuchet

Des fresques du 15ème siècle sont présentes dans les deux absidioles. Au nord, peut-on découvrir la représentation du martyr d’Etienne, premier

diacre et au sud, celles des Saintes Femmes au tombeau et du baptême du Christ. Ces peintures qui sont un patrimoine exceptionnel en Saintonge demanderaient une mise en protection et une restauration urgentes.

5. L’église Saint-Sulpice de Montils : une belle façade trinitaire

  • Le village

Montils tient son nom de son relief et signifie l’idée de montagne et de sommet. Le village surplombe des paysages situés en Petite Champagne, zone d’appellation contrôlée de la production du cognac. On y produit aussi du pineau issu de cépages blancs dont celui portant le nom de la commune « le montils B » dit aussi « chalosse ».  Le plant de Montils se reconnait à ses jeunes feuilles jaunes et ses bourgeons cotonneux à éclosion précoce.

Découvertes et sorties nature à Saintes
©MP.Guilhot
  • L’église

L’église Saint Sulpice a été construite au 12ème siècle avec des restaurations au 13ème siècle et un clocher du 15ème siècle. La façade certes restaurée, montre parfaitement le style saintongeais avec une répartition tripartite sur deux étages.  Sur la partie haute, les trois baies aveugles sont décorées de fines colonnettes, ornement très répandu aussi en Saintonge.  Elles forment un ensemble d’élégantes arcatures en plein cintre couronnées par une corniche à modillons. Etonnement dans ce style roman saintongeais, il n’y a pas de décoration horizontale. Signifiant aussi de cet art régional, le portail de la façade est sans tympan. En emboitant la construction originelle, les contreforts masquent les murs romans. De même, la nef reçoit une croisée d’ogives ayant transformé le voutement d’origine, croisée qui retombe sur les anciens chapiteaux romans. À côté de l’église se trouvent deux sarcophages sur le sol. L’un des deux est à deux places, l’autre est en auge. Ils datent de la période entre le VIIIe siècle et le XIIe siècle. Tout près, se trouvent deux sarcophages datés entre le 8ème et le 12ème siècle, dont l’un à deux places. L’édifice a été classée au titre des Monuments Historiques le 14 avril 1923.

Ce qu’on aime en 3 points :

  • La diversité des enseignements symboliques et architecturaux.
  • La découverte de la pierre et des paysages naturels saintongeais
  • La possibilité d’organiser plusieurs circuits – étapes

A

Eglise de Saint-Sauvant

Église Saint-Sylvain, Rue du Paradis, Saint-Sauvant, France

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B

Eglise d'Ecoyeux

Église Saint-Vivien d'Écoyeux, Rue Goulebenèze, Écoyeux, France

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C

Eglise de Corme-Royal

Eglise Saint Nazaire, Rue du Grand Pré, Corme-Royal, France

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D

Eglise de Chaniers

Église Saint-Pierre de Chaniers, Place Saint-Pierre, Chaniers, France

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E

Eglise de Montils

2 Rue de la Tonnelle, Montils, France