De Saintes à Pons

Trajet de 22,2 km

La traversée de la Saintonge se fait en trois jours. Trois jours marqués par la découverte d’édifices majeurs de l’art roman saintongeais et la douceur de la campagne. Le chemin est accessible à tous.

Saintes, l’Abbaye aux Dames
Fondée par Agnès de Bourgogne et son époux Geoffroy Martel, comte d’Anjou, l’abbaye aux Dames est le premier monastère féminin de la Saintonge. Elle n’est soumise qu’à la seule juridiction des papes. Ces dames puissantes étaient abbesses, frappaient monnaie, portaient la crosse et la mitre... L’abbesse qui dirigeait l’abbaye avait le titre de "Madame de Saintes". Ici étaient éduquées les jeunes filles nobles et celles que l’on voulait écarter des héritages. 
Consacrée en 1047, l’abbaye, vouée à la règle de Saint-Benoit, est richement dotée en marais salants notamment. Elle rayonne sur la Saintonge pendant huit siècles et compte jusqu’à cent religieuses. La guerre de Cent Ans engendre la destruction d’une partie du cloître. Au XVIe siècle, les Huguenots détruisent le fronton mais ce sont deux incendies successifs en 1608 et 1648 qui causent de graves dommages. Les bâtiments conventuels sont reconstruits sous l’autorité d’une des grandes abbesses, Françoise de Foix. Transformée en prison à la Révolution, puis en caserne sous l’Empire, l’abbaye est rendue au culte en 1939. 
Aujourd’hui restaurée, elle est le théâtre d’une vie culturelle intense : conservatoire de musique, Jeune Orchestre Atlantique et le célèbre festival de musique de Saintes qui se déroule tous les ans au mois de juillet. Depuis avril 2018, découvrez le Carrousel Musical, véritable manège de l'innovation.

L’église Notre-Dame, à l'Abbaye aux Dames

C'est l’un des grands édifices romans de la Saintonge.
La façade est dotée d’un programme sculpté de grand intérêt.
Le portail aux voussures richement décorées délivre un message d’espoir pour les moniales. On y retrouve de grands symboles chrétiens, la main de Dieu bénissant ceux qui entrent dans l’église, l’agneau crucifère, le massacre des innocents et les vieillards de l’Apocalypse. Les quatre voussures sont séparées par des tores richement ciselés. Sur les chapiteaux alternent des scènes de lutte entre les hommes, des oiseaux et des lions, selon une composition très traditionnelle en Saintonge. À l’intérieur, l’édifice est construit sur un plan basilical. Il présente un chœur peu profond et une nef unique qui fut probablement couverte de deux vastes coupoles.
Le clocher qui s’élève à la croisée du transept est particulièrement remarquable. Il se compose de deux niveaux couronnés d’une flèche conique couverte d’écailles de pierre.

Les bâtiments conventuels, à l'Abbaye aux Dames

Ce long corps de logis reconstruit après un incendie au XVIIe siècle se développe au sud de l’église abbatiale. La sobriété des lignes est accentuée par la blancheur du calcaire saintongeais. La visite des ces bâtiments permet de découvrir les anciennes cellules de moniales. Converties en chambres d'hôtel  au 1er étage, elles offrent aujourd'hui aux visiteurs, des nuits insolites et une perception intimiste de l'abbaye.  Il y a également la salle capitulaire et une exposition sur l’histoire de l’Abbaye.

Elle donne accès au clocher afin d’admirer les beaux chapiteaux romans et un panorama unique sur la ville et son patrimoine.

Saintes, l’église Saint-Eutrope et sa crypte

Classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco au titre des "Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle", l’église Saint-Eutrope est notamment célèbre pour sa crypte, avec ses piliers trapus surmontés de chapiteaux aux motifs végétaux et floraux. Elle est dédiée à Saint-Eutrope, premier évêque de Saintes, dont le sarcophage se trouve dans la crypte. Elle a été consacrée par le pape Urbain II en 1096.
Construite par des moines clunisiens, elle devint rapidement un lieu de pèlerinage sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle et un grand foyer de vie religieuse et de création artistique. Son architecture à deux chœurs superposés permettait de ne pas troubler la quiétude des moines et de répondre à l’afflux des pèlerins, chacun pouvait ainsi mener sa vie...
En 1803, le préfet de l’époque, constatant le mauvais état de la voûte plutôt que de faire des réparations ordonna la démolition de la nef. 
Aujourd’hui, l’église haute conserve uniquement un chœur roman prolongé à l’époque gothique et le transept décoré de beaux chapiteaux historiés : Daniel dans la fosse aux lions, la pesée des âmes. 
La crypte dégage une impression saisissante. Elle est formée d’un chœur à déambulatoire et de trois absidioles. Les nombreux chapiteaux à motifs floraux sont composés de larges feuilles d’eau terminées par un bouton ou une volute. Au centre de l’édifice, le sarcophage de Saint-Eutrope porte une simple inscription "Evtropivs".

Pons, l’Hôpital Neuf du XIIe siècle

Classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco au titre des "Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle", il est l’un des rares édifices de ce genre à subsister. Il a été construit en dehors de la ville, sur la route de Bordeaux, pour permettre l’accueil des pèlerins lorsque les portes de la ville étaient fermées. Ici, on soignait, on priait. Un long passage voûté d’ogives, magnifiquement conservé, reliait l’église (aujourd’hui en ruine) à la salle des malades surmontée d’une complexe et superbe charpente. De nombreux graffitis ont été gravés sur les murs de cette salle d’hébergement. Pour prolonger l’esprit du lieu, il faut faire une halte au jardin médiéval où s’épanouissent, sur plus de 3000 m2, des plantes médicinales, qui à l’instar de la mélisse et des réglisses sauvages apaisent le corps et le coeur.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter  le site internet du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle 

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